Aller au contenu
Bien aisé

Exercice de respiration : l'expiration longue apaise, à condition d'inverser le rapport

Exercice de respiration : l'expiration longue apaise, à condition d'inverser le rapport

Pour se calmer par la respiration, ce n'est pas l'inspiration profonde qui compte mais une expiration plus longue que l'inspiration, à un rythme lent. Le cœur ralentit à chaque expiration : en allongeant celle-ci, on prolonge ce ralentissement. Le mécanisme est documenté, et vérifiable sans aucun matériel.

Le test qui prend une minute

Posez deux doigts sur votre poignet et respirez lentement. Le rythme cardiaque accélère légèrement pendant l'inspiration et ralentit pendant l'expiration. Ce phénomène porte un nom, l'arythmie sinusale respiratoire, et il n'a rien d'anecdotique : il montre que les deux fonctions sont couplées, et donc qu'agir sur l'une modifie l'autre.

Le rapport compte plus que la durée

De ce couplage découle la règle utile : allonger l'expiration par rapport à l'inspiration favorise la branche du système nerveux autonome qui ralentit et apaise. Inspirer quatre secondes puis expirer six, ou expirer deux fois plus longtemps qu'on n'inspire, agit davantage que respirer profondément sans changer le rapport. Un rythme d'environ six respirations par minute est celui où l'amplitude des variations du rythme cardiaque est la plus forte.

L'exercice pas à pas

  1. Asseyez-vous le dos droit, les épaules relâchées, ou allongez-vous sur le dos.
  2. Inspirez par le nez en comptant lentement jusqu'à quatre, en laissant le ventre se gonfler.
  3. Expirez par le nez ou par la bouche à peine entrouverte en comptant jusqu'à six, sans forcer la fin du souffle.
  4. Enchaînez sans pause marquée et répétez quelques minutes, en revenant au comptage dès que l'attention s'échappe.

Si le compte de six essouffle, raccourcissez les deux temps (trois et cinq, par exemple) : ce qui compte est que l'expiration reste la plus longue, pas d'atteindre un chiffre précis.

L'erreur qui produit l'effet inverse

Le conseil « respirez un grand coup » se traduit souvent par une respiration à la fois ample et rapide. Cette hyperventilation fait chuter le dioxyde de carbone dans le sang et provoque étourdissements, fourmillements et sensation d'oppression, c'est-à-dire exactement les symptômes que l'on voulait faire cesser. Lent prime sur profond, et le nez prime sur la bouche.

Là où la main se pose

Une main sur le ventre, une sur le haut de la poitrine : c'est la première qui doit bouger. Une respiration qui soulève les épaules mobilise des muscles accessoires et fatigue au lieu de détendre. Aucun apprentissage préalable n'est nécessaire, ce qui distingue cet exercice d'une pratique comme le massage ou la méditation, et il agit en quelques minutes.

Ce que cela ne fait pas

Ces quelques minutes réduisent une tension passagère, elles ne traitent pas un trouble anxieux installé, un trouble du sommeil persistant ni une douleur inexpliquée. Devant des symptômes qui durent, un avis médical reste la démarche appropriée, et un exercice respiratoire n'y change rien.

Nez ou bouche, tête qui tourne et exercice au coucher

Faut-il expirer par le nez ou par la bouche ?

Les deux conviennent tant que le débit reste lent. Une bouche à peine entrouverte, comme pour souffler sur une boisson chaude, aide à freiner l'air quand on débute.

Que faire si la tête tourne pendant l'exercice ?

C'est le signe que l'on respire trop amplement. Reprenez une respiration normale quelques instants, puis recommencez avec des souffles plus petits et plus lents.

Peut-on le pratiquer au coucher ?

Oui, allongé, c'est même un moment où il s'installe facilement. Il aide à relâcher une tension de fin de journée, sans remplacer une prise en charge si l'insomnie persiste.

À lire aussi

Articles qui pourraient vous intéresser

▲